Dialogue entre illustres

La Touraine avec ses doux paysages et sa terre généreuse a toujours attiré les épicuriens, rois et artistes ou poètes et écrivains qui comme Rabelais, Ronsard et Balzac y ont largement puisé leur inspiration.

Nous avons imaginé un dialogue entre trois figures emblématiques de la Touraine à qui il a été dédié une maison d’écrivain, Rabelais à Seuilly près de Chinon, Ronsard à La Riche près de Tours et Balzac à Saché près d’Azay-le-Rideau :
  • « Salut les gars, vous avez trouvé facilement mon petit bled ? Vous avez fait du co-voiturage ?
  • « Salut François, oui t’inquiètes avec le GPS, c’est nickel. J’ai récupéré Honoré au passage à Saché. On est un peu à la bourre, le père Goriot nous a un peu tenu la jambe avec ses histoires de famille. »
  • « Pas de soucis mon Pierrot ! Allez, je vous fais le tour du propriétaire, c’est quand même classe d’avoir chacun un musée. Donc, je suis né ici en 1494, ça fait un bail, mais j’avoue que je retrouve bien les parfums de quand j’étais môme. C’est vraiment bien préservé, ça fait un ensemble sympa ;
Le logis est du XVème siècle, donc la pièce à vivre, grande cheminée bien agréable l’hiver, à côté c’était ma piaule, à l’époque je n’avais pas de posters aux murs mais j’aime bien ces illustrations de Gustave DORE, elles collent bien à mes personnages. Superbe escalier en pierre qui dessert deux autres pièces où on trouve des collections de bouquins de mes œuvres et cette grange désormais accolée à la maison depuis le XVIIème siècle avec ses trois façades qui constituent un pigeonnier comptant deux-cent-quatre-vingt-huit boulins.
Admirez ce paysage, les vignes, la vue sur l’Abbaye de Seuilly et le château du Coudray-Montpensier, tous mes sites des guerres picrocholines avec mon bon Gargantua qui sont toujours là.
  • « C’est vrai que cela a de la gueule mais puisque tu parles de Gargantua, tout cela m’a ouvert l’appétit, on a déjà dépassé l’heure de l’apéro ! Je suis sûr que tu vas nous gâter mon François ».
  • « Honoré tu me connais, on va pas se laisser mourir de faim ni de soif d’ailleurs « beuvez toujours ne mourrez jamais » je te signale que c’est moi qui l’ai écrit. Dis-moi, tu n’aurais pas encore pris de la brioche toi ?
Et toi Pierrot, on ne t’entend pas, parles nous du Prieuré de St Cosme-Demeure de Ronsard, fais pas ton modeste. »
  • « Ma maison est toujours là, c’est émouvant car j’y ai dicté mes Derniers Vers. L’église a disparu il n’en reste que quelques vestiges mais les archéologues ont fait du bon boulot. Dans le réfectoire des moines, le peintre Zaō-Wou-Ki, un ami des poètes comme le surréaliste René CHAR, Henri MICHAUX ou le Tourangeau Yves BONNEFOY, a magnifiquement décoré les baies vitrées.

Rivau

J’avoue que suis bluffé par l’atmosphère de bien-être et de quiétude qui règne à St Cosme. Moi qui suis sensible au spirituel, j’aime le côté poétique de l’ensemble des 12 jardins, potager, fruitier, des simples, de roses en pergolas. Ça respecte l’esprit des lieux sans être poussiéreux, ça bouge, c’est vivant, dans une interprétation plus contemporaine. Et les livres pauvres, ça vous parle ? pas plus que ça ? ce sont tout simplement des créations poétiques sur papier, manuscrites et illustrées, d’écrivains et d’artistes qui se sont prêtés au jeu, on en a une belle collection. »
  • « Cool, ça donne envie. Et toi Honoré, entre deux rillons, tu crois que tu peux nous parler du musée de Môssieur Honoré de Balzac ?
  • Holà mon vieux François, je te signale que je fais honneur à la table, dans la tradition rabelaisienne d’ailleurs. Regarde Rodin par exemple, quand il m’a sculpté à poil, il me représente en bon vivant pas en petit mec triste et rachitique.
Alors, le musée Balzac, j’y viens. Déjà ça ne m’appartient pas vous savez bien que les huissiers m’ont tout piqué. J’étais juste invité par un ami pour fuir les tumultes de la vie parisienne et mes créanciers, pour me consacrer dans cette petite chambre, à l’écriture du matin jusque tard dans la nuit, comme un stakhanoviste que je suis. Ma plume, mon papier et mes litres de café pour seuls compagnons, j’admirais par la fenêtre, l’harmonie des paysages, j’imaginais mon Henriette, mon lys dans la vallée, foulant avec élégance la prairie encore brillante de rosée.

Rivau

Ils ont vraiment fait un truc sympa bien dans le jus du XIXème siècle avec son mobilier et sa décoration. On y trouve un fonds d’imprimés unique dont les premières éditions de mes romans, mais aussi quelques-uns de mes manuscrits, de mes lettres. Il y a également, un atelier d’imprimerie puisque ce fut mon métier et des tableaux parmi lesquels le portrait d’Anna, la fille de ma belle polonaise, Madame HANSKA, des estampes et des sculptures. Quand j’en ai marre d’écrire, je me balade dans le parc de deux hectares, on y trouve de multiples points de vue, sur le village comme sur la vallée, c’est inspirant et même romantique quand on est bien accompagné. »

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