Vins de Loire : le niveau monte !

En étant le premier producteur en Touraine à décrocher la 5ème étoile au guide Bettane et Desseauve, le producteur de montlouis, Jacky Blot, a mis ses grands blancs sous les feux de la rampe. Une démarche ambitieuse qui tire les vins du Val de Loire vers le haut.

Une 5ème étoile

Jacky Blot aura eu une excellente raison, s’il en était besoin, de faire couler ce jour-là les vins de Montlouis qui l’ont rendu célèbre. En décrochant, en septembre dernier, une 5ème étoile au guide Bettane et Desseauve, le propriétaire de la Taille aux Loups est devenu le premier producteur de Touraine à obtenir la plus haute distinction dans cet équivalent du Michelin pour les viticulteurs. « C’est une réelle fierté en ce sens qu’il paraissait difficile de l’obtenir dans une appellation assez méconnue et avec aussi peu de recul, confie cet ex-courtier en vin, installé à Montlouis depuis une petite trentaine d’années. Il faut cinquante ans pour obtenir de grandes vignes et sur les 60 producteurs récompensés par 5 étoiles, les trois quarts sont en Bourgogne, en Champagne ou dans le Bordelais. »
Trois domaines avaient déjà obtenu 4 étoiles : la Taille aux Loups, à Montlouis, le domaine de la Butte, à Bourgueil, et le domaine Huet, à Vouvray. Cette vraie reconnaissance est l’aboutissement d’un long cheminement semé d’embûches : « Quand j’ai démarré, l’appellation montlouis était embryonnaire, on a beaucoup travaillé, on n’a rien cédé, et ce dans l’obsession du plus grand vin possible. Le guide a multiplié les dégustations avant de prendre sa décision.« 

Une exigence dans le respect des terroirs

Pour Jacky Blot, cette démarche qualitative passe par le bio, par un bon matériel végétal – une sélection massale en l’occurrence –, de grands terroirs et des rendements raisonnables. « On ne corrige rien, il n’y a aucun intrant dans nos vins. »
Journaliste viticole dans le Val de Loire, Ingrid Proust confirme cette exigence dans le respect du terroir, des vendanges et de la vinification. « L’appellation montlouis a acquis légitimement une belle notoriété. Elle compte de nouveaux producteurs, pour beaucoup en bio. Les consommateurs avertis ne s’y trompent pas !« 
Et de citer une autre démarche avec le touraine-amboise, qui procède à la refonte de son cahier des charges dans l’optique d’une appellation communale. « L’encépagement est axé sur le côt (malbec), plus qualitatif que le gamay. On a déjà des vins ronds, aimables et bien vinifiés« , souligne Ingrid Proust.

« Faire monter la Loire »

Chinon va, pour sa part, gagner de très jolis coteaux et de vrais terroirs argilo-calcaires, très favorables au chenin, ce qui pourrait faire passer la part du chinon blanc, trop rare, de 2 à 4 % des volumes produits. « Plus qu’un élargissement, c’est avant tout un aboutissement historique« , estime Jean-Martin Dutour, président de l’AOC chinon. « Notre appellation existe depuis 1937 et les sept nouvelles communes qui viennent d’être acceptées apportent une cohérence territoriale en intégrant Seuilly et la maison natale de Rabelais, théâtre des guerres picrocholines aujourd’hui pacifiées« , ironise-t-il.
À Montlouis, Jacky Blot caresse encore un rêve : « Tenir suffisamment longtemps pour continuer à faire monter la Loire, à condition que l’on soit de plus en plus nombreux à faire de grands vins. Nul n’est prophète en son pays : aux Tourangeaux de comprendre qu’il est difficile de faire de grands vins à moins de 15 euros, les coûts de production étant strictement identiques quelle que soit la région. La demande à l’étranger est extrêmement forte et de nombreux acheteurs considèrent que notre région offre d’excellents rapports qualité/prix. » À bon entendeur…

PRATIQUE

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